La fatigue est l’un des effets secondaires les plus fréquents du cancer. Pour certaines femmes, elle disparaît progressivement après les traitements. Pour d’autres, elle persiste pendant des mois, voire des années, avec un impact majeur sur la vie quotidienne, le travail, la vie familiale ou encore le moral.
Pourquoi cette fatigue dure-t-elle chez certaines personnes et pas chez d’autres ? Peut-on identifier les femmes les plus à risque dès le début de leur parcours ? Et surtout, comment mieux prévenir cette fatigue plutôt que de la subir ?
Vous êtes un proche-aimant ?
La fatigue liée au cancer est souvent difficile à comprendre lorsqu’on ne la vit pas soi-même. Si vous vous demandez pourquoi votre proche est si fatigué, pourquoi cette fatigue persiste ou comment l’aider au mieux, ce webinaire vous apportera des clés pour mieux comprendre ce qu’il ou elle traverse et pour l’accompagner avec plus de justesse au quotidien.
Mieux comprendre la fatigue liée au cancer, c’est aussi mieux entourer la personne que vous aimez.
A propos de ce webinaire
Dans ce webinaire, le Dr Antonio Di Meglio, oncologue médical et chercheur à Gustave Roussy, présente ce que la recherche sait aujourd’hui de la fatigue liée aux traitements contre les cancers du sein.
Il s’appuie notamment sur les résultats de la cohorte CANTO, qui suit plus de 14 000 femmes traitées pour un cancer du sein, afin de mieux comprendre les effets à long terme des traitements sur la qualité de vie.
L’objectif : mieux distinguer la fatigue “normale” de la fatigue liée au cancer, comprendre pourquoi elle varie autant d’une personne à l’autre, et identifier les leviers d’action qui peuvent aider.
Dr Antonio Di Meglio
Oncologue médical
“La fatigue liée aux traitements, c’est une perturbation du fonctionnement.”
Ce qu’il faut retenir
La fatigue liée au cancer peut apparaître dès le diagnostic, pendant les traitements, ou persister après leur fin.
Elle est souvent décrite comme un épuisement profond, disproportionné, qui ne répond pas toujours au repos. Elle peut être plus invalidante que d’autres symptômes mieux connus, comme la douleur ou les nausées.
Jusqu’à 90 % des patientes rapportent une fatigue pendant les traitements, et environ deux patientes sur trois décrivent une fatigue modérée à sévère. Dans certains cas, cette fatigue peut rester présente plusieurs années après le cancer.
Une fatigue “normale” est généralement liée à un effort ou à une journée chargée, puis s’améliore avec le repos.
La fatigue liée au cancer, elle, peut persister malgré le sommeil. Elle peut perturber sévèrement la vie quotidienne, même quand les traitements sont terminés.
C’est cette combinaison — déclencheur, réponse au repos, impact sur la vie quotidienne — qui permet de mieux la reconnaître.
La fatigue peut être :
physique, quand le corps ne suit plus ;
cognitive, quand la mémoire, la concentration ou l’organisation deviennent plus difficiles ;
émotionnelle, quand l’épuisement s’accompagne d’anxiété, de découragement ou d’irritabilité.
C’est pourquoi il est essentiel de comprendre comment cette fatigue se manifeste, à quel moment elle apparaît, ce qui l’aggrave, ce qui l’améliore, et ce qu’elle empêche dans la vie quotidienne.
Les travaux issus de CANTO montrent que plusieurs éléments présents dès le diagnostic peuvent aider à repérer les patientes plus à risque de fatigue importante dans les années qui suivent.
Parmi les facteurs identifiés : fatigue déjà présente au diagnostic, troubles du sommeil, douleur, anxiété, tabagisme, indice de masse corporelle plus élevé ou encore certaines situations biologiques comme l’inflammation. Dans l’article JCO 2022, la fatigue sévère concernait environ 35,6 % des patientes à un an, 34 % à deux ans et 31,5 % à quatre ans après le diagnostic.
Ces facteurs ne permettent pas de prédire avec certitude ce qui arrivera à chaque personne. Mais ils peuvent aider les soignants à mieux anticiper, proposer un suivi renforcé et agir plus tôt.
La fatigue n’est pas “dans la tête”.
Les recherches CANTO montrent qu’un niveau plus élevé de certains marqueurs d’inflammation au moment du diagnostic est associé à un risque plus élevé de fatigue sévère deux ans plus tard.
Cela confirme que la fatigue liée au cancer est un symptôme complexe, avec des causes multiples : biologiques, psychologiques, sociales, comportementales et liées aux traitements.
Quand on est très fatiguée, le réflexe naturel est de réduire ses activités et de se reposer davantage.
Mais à long terme, cette baisse d’activité peut entraîner une perte de condition physique, une fonte musculaire, une réduction de l’endurance… et donc encore plus de fatigue.
Ce cercle n’est pas de votre faute. C’est un mécanisme connu. Et il peut parfois être interrompu en réintroduisant progressivement une activité physique adaptée.
Cela peut paraître contre-intuitif : mais bouger un peu plus peut aider à se sentir moins fatiguée.
Il ne s’agit pas de “faire du sport” coûte que coûte. Il s’agit d’une activité physique adaptée à l’état de santé, aux capacités du moment, aux douleurs éventuelles, aux neuropathies, au niveau de fatigue et aux préférences de chaque personne.
Marche douce, exercices encadrés, activité en groupe, programmes en établissement ou à domicile : l’important est d’adapter, de commencer progressivement et d’être accompagné si besoin.
rechercher et traiter les causes médicales possibles : anémie, douleur, troubles du sommeil, infection, dénutrition, effets secondaires de médicaments, troubles thyroïdiens, etc. ;
apprendre à économiser son énergie au quotidien ;
mettre des mots sur la fatigue et bénéficier, si besoin, d’un soutien psychologique ;
améliorer la qualité du sommeil, sans multiplier les repos excessifs ;
réintroduire une activité physique adaptée.
La fatigue persistante mérite d’être signalée à l’équipe médicale. Elle peut nécessiter une évaluation complète.
Vous êtes nombreuses à chercher des solutions du côté des compléments alimentaires, plantes, vitamines, produits homéopathiques ou approches de naturopathie. Et c’est bien normal !
Le message du Dr Di Meglio est nuancé : certains produits sont très accessibles, mais leur efficacité contre la fatigue n’est pas démontrée. Certains peuvent aussi interagir avec les traitements anticancéreux ou d’autres médicaments.
Alors, avant de prendre un produit complémentaire, il est donc important d’en parler avec votre équipe soignante.
J’ai trouvé cette intervention intéressante. J’ai accompagné plusieurs amies et effectivement je vois les différences, la fatigue n’est pas la même d’une personne à l’autre. Les personnes sont différentes et face à la maladie , on réagit différemment. – Sylvie
Merci beaucoup pour ce webinaire en replay qui donne des pistes même si mon cancer est un lymphome cérébral. – Cathy
Il manque un mot pour que l’entourage comprenne bien que la fatigue liée aux traitements n’est pas du tout la même que à la fatigue liée à un manque de sommeil (qui est souvent celles que nos proches connaissent et ce à quoi ils se réfèrent). Et puis il y a la question de la fatigue après.. Les traitements sont terminés, parfois depuis des années et pourtant la fatigue perdure. Pas facile non plus à comprendre pour ceux qui ne la vivent pas. – Clémence
Webinaire animé par :
Antonio Di Meglio
Oncologue médical à Gustave Roussy et chercheur impliqué dans la cohorte CANTO
A propos de l’étude
Les résultats présentés lors de ce webinaire sont issus de travaux scientifiques publiés.
Où pratiquer une activité physique adaptée (APA) ?
Pendant le webinaire, vous avez été nombreuses à partager des ressources pour trouver une activité physique adaptée (APA). Un grand merci de ce bel élan de partage et de solidarité !
Voici les principales recommandations qui ont été proposées :
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