Chaque année, plus de 61 000 femmes apprennent qu’elles ont un cancer du sein. Derrière ce chiffre se cachent des questions essentielles : le dépistage permet-il réellement de détecter les cancers suffisamment tôt ? Les femmes bénéficient-elles toutes de la même qualité de prise en charge ? Les conséquences financières de la maladie sont-elles correctement compensées ?
Pour la première fois, la Cour des comptes a conduit une évaluation approfondie de la politique publique de prévention et de lutte contre le cancer du sein.
Cette enquête, réalisée à la demande de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, s’appuie sur une approche exceptionnelle combinant :
les données nationales de l’Assurance Maladie (SNDS) ;
plus d’une centaine d’auditions d’acteurs de santé ;
les travaux d’un comité scientifique ;
2 648 témoignages de femmes, dont les vôtres- Les Seintinelles
Dans ce webinaire, Robin Gonalons (Cour des comptes) et Apolline Chariot (data scientist) présentent les principaux résultats de cette évaluation et expliquent comment ces données peuvent contribuer à améliorer les politiques publiques.
A propos de ce webinaire
Contrairement à une étude médicale, cette évaluation ne cherche pas à mesurer l’efficacité d’un traitement.
Elle répond à une question différente : les politiques publiques mises en place permettent-elles réellement d’améliorer la prévention, la qualité des soins et la vie des femmes atteintes d’un cancer du sein ?
Pour y répondre, la Cour des comptes a construit son travail autour de trois grandes questions :
l’après-cancer est-il suffisamment accompagné ?
le dépistage atteint-il ses objectifs ?
les prises en charge répondent-elles aux besoins des patientes ?
Robin Gonalons
Conseiller référendaire en service extraordinaire à la Cour des Comptes
« Vos réponses ont été précieuses. Avec 2 648 participantes, nous avons bénéficié d’un taux de réponse exceptionnel pour ce type d’étude. Cela nous permet de produire des résultats solides et de meilleure qualité. »
Ce qu’il faut retenir
Le rapport confirme que le dépistage organisé reste aujourd’hui la stratégie la plus efficace pour détecter précocement les cancers du sein.
Pourtant, la participation continue de diminuer :
44 % des femmes éligibles ont participé au dépistage organisé en 2024 ;
elles étaient plus de 52 % en 2011.
L’évaluation met également en évidence :
des inégalités territoriales d’accès aux radiologues ;
des difficultés d’accès dans certains départements ;
une concurrence croissante du dépistage individuel, qui expose davantage aux dépassements d’honoraires et ne bénéficie pas systématiquement de la seconde lecture des mammographies.
Des évolutions sont actuellement étudiées, notamment l’abaissement possible de l’âge du dépistage, le dépistage personnalisé selon le niveau de risque et l’intégration de l’intelligence artificielle.
La France dispose d’équipes reconnues internationalement en cancérologie.
Pour autant, la Cour des comptes montre que plusieurs indicateurs nationaux de qualité des prises en charge ne sont pas atteints.
L’évaluation s’intéresse notamment :
aux délais d’accès aux traitements ;
à l’organisation de la chirurgie du cancer du sein ;
aux écarts entre établissements ;
aux inégalités territoriales d’accès aux soins.
Les analyses montrent également que certains établissements réalisent encore des interventions sans disposer de l’autorisation nécessaire.
La Cour recommande notamment :
le développement de coopérations entre centres experts et établissements de proximité afin d’éviter que les patientes aient à parcourir de longues distances pour l’ensemble de leurs traitements.
un contrôle plus strict des autorisations ;
le relèvement du seuil minimal d’activité chirurgicale à 150 interventions par an, conformément aux recommandations européennes ;
Le cancer ne s’arrête pas à la fin des traitements.
Les participantes à l’enquête décrivent également :
les séquelles physiques ;
les difficultés financières ;
le retour au travail ;
l’accès parfois compliqué aux soins de support.
Le rapport souligne notamment que :
l’activité physique adaptée constitue un levier thérapeutique reconnu mais encore insuffisamment financé.
le programme personnalisé d’après-cancer reste insuffisamment déployé ;
les soins de support demeurent inégalement accessibles ;
L’une des originalités de cette évaluation est d’avoir étudié le reste à charge selon deux approches complémentaires.
La première exploite les données de remboursement de l’Assurance Maladie.
La seconde repose sur votre vécu, permettant d’intégrer des dépenses invisibles dans les bases administratives :
dépassements d’honoraires ;
consultations non remboursées ;
activité physique adaptée ;
psychologues ;
aides ménagères ;
garde d’enfants ;
prothèses, crèmes ou vernis spécifiques ;
nombreux autres frais liés au parcours de soins.
Les résultats montrent qu’après remboursement de l’Assurance Maladie, le reste à charge moyen dépasse 1 500 € sur les deux premières années suivant le diagnostic, avec des situations beaucoup plus lourdes pour certaines patientes selon leur territoire ou leur couverture complémentaire.
Cette évaluation illustre parfaitement ce que peut apporter la recherche participative.
Les données administratives permettent de mesurer les dépenses remboursées.
Vos témoignages ont permis de comprendre ce que les chiffres ne racontent pas : les dépenses invisibles, les renoncements aux soins, les difficultés d’accès aux soins de support ou encore les conséquences concrètes de la maladie sur la vie quotidienne.
Merci aux 2 648 participantes qui ont accepté de partager leur expérience. Votre contribution a directement enrichi cette évaluation nationale.
Webinaire animé par :
Robin Gonalons
Conseiller référendaire en service extraordinaire à la Cour des Comptes
Apolline Chariot
chercheuse en charge de l’analyse des résultats
A propos de l’étude
Les résultats de cette enquête ont été intégrés à un rapport de la Cour des comptes, remis à l’Assemblée nationale et rendu public. Vous trouverez ci-dessous la restitution qui en a été faite lors du webinaire de présentation des résultats.
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