La recherche clinique

Sur cette page, vous trouverez un condensé d’informations sur ce sujet

N’hésitez pas à nous dire en commentaires si cela a permis de répondre à vos questions ou si, au contraire, vous avez des suggestions pour enrichir cette page. Cela profitera à tous !

Bonne lecture !

Cette page a été rédigée avec l’aide précieuse de

Anny Tirel

Seintinelle et Présidente du Comité des Parties Prenantes de la Filière IA & Cancers

La recherche clinique est la partie de la recherche dont on entend le plus souvent parler : elle a pour but de proposer et d’évaluer de nouveaux traitements.

La recherche clinique se décompose en plusieurs étapes, qu’on appelle les phases des essais cliniques

  • Les essais de phase 1 sont menés chez un petit nombre de volontaires sains ou malades. L’ objectif est de suivre le parcours de la molécule dans l’organisme au cours du temps et de commencer à identifier les effets indésirables. En oncologie, ces essais sont menés la plupart du temps sur des volontaires malades dans le cadre de traitements anti-cancer.
  • Les essais de phase 2 déterminent la posologie efficace du médicament, c’est-à-dire les doses à respecter et la fréquence de prise, son rythme et sa durée de prescription, son effet thérapeutique et les éventuels effets indésirables. Si la balance bénéfice/risque est acceptable, les études de phase 3 peuvent démarrer.
  • Les essais de phase 3 sont menées chez un plus grand nombre de patients et visent à approfondir la connaissance sur l’efficacité et la sécurité d’emploi du médicament, comparée au traitement de référence. Ces essais ont pour objectif d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (appelée AMM). En oncologie, il n’y a pas d’essai contre placebo, mais uniquement contre un traitement de référence déjà sur le marché.
  • Les essais de phase 4 permettent de tester l’efficacité et la tolérance d’un médicament en conditions réelles. Cela permet notamment d’identifier des effets secondaires moins fréquents. Ces essais sont réalisés sur de grandes cohortes, c’est-à-dire un ensemble d’individus représentatif d’une population visée.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, trouver un essai clinique adapté n’est pas simple. En oncologie, moins de 5 % des patients participent à un essai, alors que près de 70 % aimeraient y prendre part si on leur proposait.

Les raisons sont multiples : tous les patients ne sont pas éligibles, mais surtout, l’accès à l’information reste complexe. Que ce soit pour les patients ou les professionnels de santé, s’orienter dans le dédale des essais existants peut relever du parcours du combattant.

Heureusement, plusieurs solutions numériques émergent pour faciliter ce processus.

Si nous célébrons la recherche clinique le 20 mai c’est parce qu’à la même date en 1747, James Lind, médecin de la marine écossaise, entreprenait à bord du Salisbury la comparaison de divers traitements sur un groupe de marins atteints de scorbut. En six jours, l’un des marins traités par l’orange et le citron put reprendre son service : les stigmates de la maladie avaient disparu de sa peau et de ses gencives. En démontrant ainsi la supériorité d’un traitement à base d’agrumes, James Lind venait de jeter les bases de la recherche clinique et de la médecine basée sur les preuves. Incroyable, non ?

Il existe aujourd’hui plusieurs bases de données publiques très complètes qui recensent les essais cliniques en cours.

Le registre des essais cliniques de l’Institut national du cancer (INCa)

L’INCa met à disposition un registre exhaustif des essais cliniques en cancérologie menés en France.
Vous pouvez y effectuer des recherches selon différents critères (type de cancer, localisation, phase de l’essai…) et même activer une alerte par e-mail pour être informé·e lorsqu’un nouvel essai correspondant à votre profil démarre.

Le registre international de référence des essais cliniques

ClinicalTrials.gov recense l’ensemble des essais cliniques menés dans le monde, toutes maladies confondues (et pas uniquement le cancer). Ce site est en anglais et son utilisation peut nécessiter un peu de pratique, mais il offre une vision très large et détaillée de la recherche clinique à l’échelle internationale.

Ces deux sites sont les références, mais ils sont denses et difficiles à parcourir, en particulier lorsqu’on n’est pas familier avec la recherche clinique. Il existe aujourd’hui des outils en ligne plus récents, souvent moins exhaustifs, mais conçus pour être plus intuitifs et plus faciles à utiliser, notamment en tenant compte de votre profil médical.

1. Klinéo : trouver un essai clinique en quelques clics.

Comment cela fonctionne ?

  • Créez un compte sur la plateforme.
  • Renseignez votre profil médical.
  • Consultez la liste personnalisée des essais disponibles.
  • Sélectionnez les essais qui vous intéressent et partagez-les directement avec votre médecin. Celui-ci pourra alors contacter les centres investigateurs.

À noter : la FAQ de Klinéo est particulièrement bien faite et peut répondre à de nombreuses questions.
J’y pose mes questions !

2. PatLink : une plateforme qui permet de trouver un essai clinique adapté à son profil

PatLynk est une plateforme qui vous aide à repérer des essais cliniques adaptés à votre situation, quelle que soit la pathologie concernée.


Elle n’est pas dédiée aux cancers : PatLynk est multi-pathologies et s’adresse à des profils très différents.

Mais la plateforme répertorie les essais pour les cancers du sein, de la prostate, du poumon, des ovaires, colorectaux, les leucémies aiguës ou encore les tumeurs cérébrales.

Mais aussi des études pour volontaires sains (et nous savons que vous êtes nombreux par ici 😉).

Comment cela fonctionne ?

  • Vous complétez votre profil en quelques étapes.
  • La plateforme vous propose des essais “compatibles” avec votre situation.
  • Vous pouvez ensuite être orienté(e) vers un centre/une équipe d’étude pour vérifier l’éligibilité (c’est l’étape clé : le matching ne remplace pas l’avis médical).

3. MatchTrial : une application intuitive venue d’Espagne

Comment cela fonctionne ?

  • Renseignez quelques informations clés : type de cancer, stade de la maladie, traitements déjà reçus, etc.
  • L’application vous propose ensuite une liste personnalisée d’essais cliniques correspondant à votre profil.
  • Une fois vos essais sélectionnés, un(e) professionnel(le) de santé prend contact avec vous pour valider ensemble les données médicales et se charger d’entrer en relation avec les centres investigateurs afin d’en connaître les modalités d’inclusion.
  • Enfin, sous 24 à 48 heures, vous êtes informé(e) de la suite donnée à votre demande.

4. OncoClic : l’allié des professionnels de santé.

Développée par deux oncologues français, OncoClic donne accès à une base de données exhaustive sur les essais cliniques en oncologie, couvrant de nombreuses localisations tumorales.

L’application est disponible sur Play store et l’App store.

Nous proposons principalement des études non-interventionnelles, qui permettent de faire avancer la recherche sans modifier votre prise en charge médicale.

Cela dit, il nous est arrivé de participer au recrutement pour des essais cliniques, en lien avec les soins de support, C’est-à-dire tout ce qui vise à améliorer la qualité de vie pendant et après les traitements.

À ce jour, nous avons ainsi participé au recrutement pour :

  • MEDEA, une étude portant sur l’alimentation et le cancer, dont les résultats sont disponibles.
  • EPIONE, une étude sur la prise en charge des troubles vaginaux après un cancer du sein. Le recrutement est désormais terminé et l’étude est en cours.

Quand on entend parler d’essais cliniques, cela peut faire peur. Le terme évoque surtout des expériences mystérieuses, des protocoles complexes ou des traitements de dernière chance. Alors, hop, hop, hop, on fait le point sur les quelques idées reçues autour de la recherche clinique.

« Les essais cliniques sont réservés aux personnes en fin de vie » : FAUX.

C’est une idée reçue très répandue. En réalité, il existe des essais cliniques à tous les stades d’une maladie : au moment du diagnostic, pendant les traitements, après, ou même pour améliorer la qualité de vie ou prévenir certaines complications.
Les essais cliniques ne sont donc pas uniquement des “solutions de dernier recours”.

« Je vais servir de cobaye » : FAUX

Vous n’êtes jamais un cobaye. Vous êtes un participant volontaire, informé et protégé par des règles strictes.
Avant toute participation, tout vous est expliqué : l’objectif de l’étude, son déroulement, les bénéfices possibles et les risques. Vous prenez le temps de poser vos questions et de décider.

« Tout ça pour peut-être recevoir un placebo » : VRAI et FAUX


Il est vrai que certains essais utilisent un placebo, mais pas tous, et jamais sans cadre.
Un placebo est un traitement sans effet thérapeutique direct, utilisé pour comparer les résultats avec ceux du traitement étudié

  • le placebo n’est utilisé que lorsque c’est scientifiquement et éthiquement justifié ;
  • lorsqu’un traitement efficace existe déjà, il est très rare que l’on en prive les participants ;
  • dans de nombreux essais, le placebo est utilisé en plus du traitement de référence, et non à la place.

Dans tous les cas, vous êtes informé(e) à l’avance et vous donnez votre accord en connaissance de cause.

« La recherche clinique a besoin de profils variés » : VRAI

Pour que les résultats soient utiles au plus grand nombre, la recherche clinique a besoin de personnes différentes par leur âge, leur parcours de soins, leur situation et leur mode de vie.

Inclure des profils variés permet de mieux comprendre les maladies et d’adapter les futurs traitements à la réalité des patients, même si les critères d’inclusion et d’exclusion sont strictes. Le fameux : « Plus on est de foule, plus on guérit ! »

« C’est dangereux ! » : FAUX

Les essais cliniques sont strictement encadrés par la loi et surveillés par des autorités de santé et des comités d’éthique indépendants.
La sécurité des participants est suivie tout au long de l’étude, avec des examens réguliers et un suivi médical renforcé. En cas de signe d’alerte sur la tolérance ou l’efficacité, l’étude peut être arrêtée en concertation avec les autorités de santé.
Votre sécurité passe toujours avant la recherche.

Vos questions les plus fréquentes

Nous avons pris soin de rassembler ici les réponses aux questions les plus courantes. Si jamais vous ne trouvez pas la réponse que vous cherchez, surtout, n’hésitez pas à nous contacter pour nous en faire part. Cela nous aidera à enrichir cette rubrique pour qu’elle soit encore plus complète et utile à tout le monde.

Vous aussi, luttez contre le cancer en répondant à des questionnaires !

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