Comment les Australiens ont changé notre façon de mettre de la crème solaire
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Les recommandations de santé ne naissent jamais par hasard.
Derrière chacune d’elles, il y a des chercheurs qui se posent une question, des personnes qui acceptent de participer à une étude, des années d’observations… puis d’autres études qui viennent confirmer, nuancer ou compléter les premiers résultats.
La protection solaire en est un bon exemple. Aujourd’hui, la crème solaire fait partie des recommandations pour limiter les effets des rayons ultraviolets (UV). Mais sur quoi repose vraiment cette recommandation ?
L’histoire commence, il y a un peu plus de trente ans, en Australie,
Une étude… et beaucoup de patience
Plus de 1 600 personnes se sont portés volontaires pour participer à cette étude, connue sous le nom de Nambour Trial (cela vous rappelle quelque chose ? ;-))
- Une partie d’entre eux ont dû appliquer quotidiennement une crème solaire sur les zones exposées.
- Les autres ont conservé leurs habitudes.
Tous ont été suivis par les chercheurs, pendant plus de 15 ans. Car les cancers de la peau se développent sur plusieurs années, parfois plusieurs décennies.
Résultats
Les participants qui appliquaient régulièrement une crème solaire ont développé environ deux fois moins de mélanomes, la forme la plus agressive de cancer de la peau, que les autres.
Les chercheurs observent également une diminution des carcinomes épidermoïdes, un autre cancer cutané fortement lié à l’exposition aux UV.
Cette étude est rapidement devenue une référence internationale.
Une étude ne suffit jamais
En recherche, un résultat isolé ne devient jamais une vérité acquise.
D’autres équipes ont repris la question, dans d’autres pays, auprès d’autres populations. Et les résultats se sont accumulés dans le même sens : utilisée correctement, la protection solaire réduit les coups de soleil, contribue à prévenir plusieurs cancers de la peau, et limite le vieillissement cutané lié aux UV.
C’est cette accumulation de preuves qui fonde les recommandations actuelles.
Mais comme en science, une recommandation n’est jamais figée, les chercheurs continuent d’étudier les protections solaires : leur efficacité, leur tolérance, leur impact sur l’environnement ou encore les meilleurs moyens de protéger les différentes populations.
Pourquoi les idées reçues voyagent-elles si vite ?
Il y a quelques jours, nous avons entendue à la radio que, près d’un Français sur trois déclare ne pas se protéger du soleil à la plage ou à la piscine. Chez les moins de 25 ans, près d’un jeune sur deux estime pouvoir se passer de crème solaire, sans réel risque.
Nous avons trouvé ces chiffres étonnants (pour ne pas dire que nous avons failli tomber de notre chaise). D’autant plus que, dans le même temps, les connaissances scientifiques sur les effets des UV n’ont jamais été aussi solides. Comment expliquer un tel décalage ?
Aujourd’hui, une partie de nos informations en santé circule aussi sur les réseaux sociaux. On y trouve des contenus utiles, des témoignages, des conseils… mais aussi des interprétations qui s’éloignent du consensus scientifique.
Une équipe de l’Université de l’Alberta a voulu mesurer ce phénomène. En analysant près de 1 000 vidéos TikTok consacrées à la protection solaire, les chercheurs ont montré que les contenus remettant en question l’intérêt de la crème solaire étaient largement minoritaires. Pourtant, ce sont eux qui suscitaient le plus d’interactions.
Source : Marcon A. et al., université de l’Alberta, publiée dans PLOS Digital Health.
C’est précisément pour cela qu’il est utile de revenir aux études. Non pas parce qu’elles apportent des réponses définitives, mais parce qu’elles permettent de construire des connaissances solides et éprouvées.
À notre échelle, nous pouvons tous contribuer à cette culture scientifique : en partageant une information fiable, en prenant le temps de vérifier une affirmation avant de la relayer ou simplement en discutant de ces sujets avec nos proches. La prévention se construit aussi dans ces conversations du quotidien.
À retenir ☀️
Pour réduire son exposition aux UV, l’INCa recommande de :
☀️ Rechercher l’ombre, surtout entre 12 h et 16 h en été.
👕 Porter des vêtements couvrants, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil filtrant les UV.
🧴 Appliquer une protection solaire à large spectre (UVA et UVB), adaptée à son type de peau, sur les zones exposées, et renouveler l’application toutes les deux heures ainsi qu’après la baignade ou une transpiration importante.