Quand les femmes sont l’angle mort de la médecine

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Pendant longtemps, la médecine s’est construite autour d’un modèle unique : le corps masculin.

Cette réalité porte aujourd’hui un nom : la médecine bikini.

Une expression qui désigne un biais majeur dans la recherche et les soins. Car pendant des décennies, la santé des femmes a été réduite à leurs organes reproducteurs, tandis que le reste de leur organisme était considéré comme identique à celui des hommes.

L’expression « médecine bikini » dénonce une approche médicale qui s’est construite autour de la norme du corps masculin, en négligeant les spécificités biologiques et physiologiques des femmes.

En pratique, cela signifie que de nombreuses connaissances médicales, recommandations thérapeutiques et essais cliniques ont été élaborés principalement à partir de données recueillies chez les hommes.

Comme si femmes et hommes réagissaient de la même manière aux maladies, aux traitements ou aux médicaments.

C’est la cardiologue américaine Nanette Wenger qui a contribué à mettre en lumière ce biais dès les années 1980.

Son constat : la médecine reposait sur une hypothèse tacite selon laquelle les femmes et les hommes présentaient les mêmes symptômes, développaient les mêmes maladies de la même façon et répondaient de manière similaire aux traitements.

Or, ce n’est pas toujours le cas.

Lorsque les spécificités féminines sont insuffisamment prises en compte dans la recherche et la pratique médicale, les conséquences peuvent être importantes :

  • Des symptômes féminins moins bien identifiés ;
  • Des diagnostics posés plus tardivement ;
  • Des traitements parfois moins adaptés.

L’exemple des maladies cardiovasculaires est particulièrement parlant. Les symptômes d’un infarctus peuvent différer entre les femmes et les hommes, ce qui contribue parfois à des retards de diagnostic et de prise en charge.

Selon des estimations relayées par The Lancet, jusqu’à 800 000 femmes pourraient être sauvées chaque année si les spécificités du corps féminin étaient pleinement intégrées dans la recherche médicale et les systèmes de soins.

Derrière ce chiffre se cache une réalité simple : mieux comprendre les différences biologiques entre les sexes permettrait d’améliorer la prévention, le diagnostic et les traitements pour des millions de personnes.

La bonne nouvelle, c’est que les lignes bougent.

De plus en plus de chercheurs, de professionnels de santé et d’institutions reconnaissent l’importance d’intégrer la dimension du sexe et du genre dans les études scientifiques.

La santé des femmes et celle des hommes ne doivent pas être opposées. Au contraire : une médecine plus précise, plus inclusive et mieux adaptée aux différences individuelles bénéficie à tout le monde.

Pour améliorer la prise en charge de chacun, la recherche a besoin de données.

Des données sur la santé des femmes. Des données sur la santé des hommes. Des données qui permettent de mieux comprendre les différences, mais aussi les points communs.

C’est grâce à cette connaissance que la médecine pourra devenir plus juste, plus efficace et plus représentative de la population qu’elle accompagne.

Vous êtes plus de 45 000 à faire avancer la connaissance scientifique. À contribuer à une recherche qui s’intéresse à toutes et tous.

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