Catherine biostaticienne

J’ai passé toute ma vie professionnelle à l’Institut Gustave Roussy, comme épidémiologiste et biostatisticienne, avant d’y prendre ma retraite. Très tôt, le cancer s’est imposé comme le cœur de mon travail : comprendre sa fréquence, ses causes, et surtout ce qui pourrait être évité. Cette question m’a accompagnée pendant des années et a donné naissance à un vaste projet collectif sur les causes évitables des cancers en France, réunissant près de 80 chercheurs. Naturellement, je me suis penchée de près sur le tabac et l’alcool, premières causes de cancer dans notre pays, et en particulier sur l’histoire de la consommation de tabac en France.

Parallèlement, mon métier de biostatisticienne m’a amenée à explorer des terrains très variés. J’ai contribué à la conception et à l’analyse de nombreux projets de recherche, notamment des essais cliniques de médicaments contre le cancer du sein. Je me suis aussi investie dans le développement de méthodes statistiques pour l’analyse des données de survie, ainsi que dans l’évaluation de traitements complémentaires, comme l’homéopathie ou l’acupuncture, toujours avec le même souci de rigueur scientifique.

En 2010, un nouveau chapitre s’est ouvert, de manière totalement imprévue. Lors d’un groupe de travail de l’Agence du médicament, j’ai entendu Irène Frachon présenter ses observations sur des atteintes des valves cardiaques chez des patients exposés au Mediator. Ce moment a été un tournant. Je l’ai contactée et soutenue sans relâche jusqu’au retrait du médicament. Par la suite, j’ai également accompagné les patients touchés par l’affaire du Lévothyrox et je suis devenue conseillère scientifique de l’Association d’Aide aux Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’Anti-Convulsivant (APESAC), fondée par Marine Martin.

Enfin, lors de l’épidémie de Covid-19, je me suis à nouveau engagée sur le terrain de l’information et de la pédagogie : j’ai suivi l’évolution de l’épidémie et écrit des articles pour expliquer, de façon accessible, les données disponibles, notamment celles issues des essais vaccinaux.

Mon fil rouge : mettre la rigueur scientifique au service de la santé publique, de la compréhension des risques et de l’accompagnement des patients.